Les généalogistes du XXIe siècle effectuant pour l'essentiel leurs recherches sur Internet, nous n'évoquerons ici que les archives disponibles sur le web. Elles représentent toutefois 80 départements français dont la très grande majorité propose la totalité de l'état civil et des registres paroissiaux, et à des degrés moindres bien que la tendance se généralise, d'autres archives numérisées en libre accès.



a) élargissez vos recherches à l'entourage familial


Se contenter de chercher ses ancêtres en se limitant aux ancêtres directs et en négligeant frères, soeurs et cousins est une grave erreur : non seulement parce que l'on met de côté des éléments qui peuvent être très utiles, mais aussi parce que la représentation d'une famille complète permet de mieux appréhender la vie d'un individu au sein du groupe.


Cherchez donc, pour un individu donné :

  • tous ses frères et soeurs, avec leurs conjoints, remariages y compris
  • tous les enfants des frères et soeurs avec leurs conjoints et remariages,
  • et même tous les petits-enfants des frères et soeurs !


Comme aujourd'hui, une "famille" au sens large se définit par les relations qu'elle conserve avec les personnes vivantes : nous avons tous de "lointains cousins" que l'on voit régulièrement, qui peuvent parfois être des cousins issus d'issus de germain. Or, ces relations peuvent engendrer de profonds changements dans la vie d'une personne. Un simple exemple, le neveu du cousin issu de germain qui cherche une secrétaire pour l'une de ses filiales, et qui va privilégier votre candidature parce que "c'est la famille". Il en était de même au XIXe, XVIIIe, XVIIe siècle...


Vous verrez souvent apparaître les relations qui pouvaient exister entre les familles d'un village, surtout dans les petites communes, et tous ces actes vous permettront de glaner des informations sur votre ancêtre direct : sa profession, son lieu de vie (parfois dans des endroits insoupçonnés, bien loin de la commune dans laquelle vous cherchez !), avec parfois de belles surprises : "n'a pas pu se déplacer pour cause de...", "en garnison à...", etc.


Cela vous donnera certes plus de travail, mais le jeu en vaut souvent la chandelle.

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b) n'oubliez pas les parrains, marraines et tous types de témoins

Les parrain et marraine d'un enfant n'étaient jamais choisis à la légère. Des règles identiques pour tous, variables selon les régions étaient souvent respectées : on donne pour parrain l'aïeul paternel s'il est vivant, à défaut l'aïeul maternel, l'oncle le plus jeune, etc. Ces règles non écrites, vous pourrez les deviner en "scannant" diverses familles d'une même commune, en analysant les personnes choisies pour les autres enfants.

Vous pourrez alors en déduire que si les enfants d'autres familles ont toutes pour marraine la tante côté maternel, il y a des chances que ce soit la même chose pour votre ancêtre. Des pistes non négligeables !



c) utilisez toutes les sources à votre disposition

  • La fiche matricule d'un militaire peut vous donner ses différents lieux de résidence, ses condamnations en justice, ses blessures ou cause du décès, sans parler de sa description physique.
    Vous pourrez alors chercher dans les historiques régimentaires, les archives hospitalières, les procès... autant d'autres archives qui vous permettront, elles aussi, de rebondir.
  • Les recensements donnent un instantané de la famille telle qu'elle était composée sous un même toit. Très souvent, on va y repérer un aïeul veuf venu habiter chez son petit-fils par exemple, avec la mention de son lieu d'origine.
    Idéal si vous n'avez pas trouvé le décès de cet aïeul et que vous n'aviez aucune information sur l'endroit où il s'était marié.
  • Quelques rares départements proposent des archives de l'enregistrement comme les tables après décès. Classées par cantons, elles permettent de retrouver une personne décédée très rapidement quelle que soit sa commune d'habitation, avec la mention des ayant-droits survivants.

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d) cherchez dans les communes de proximité

Malgré toutes vos recherches, en suivant les précédents conseils, vous n'arrivez toujours pas à trouver de mention utile concernant l'origine de votre ancêtre ?

Cherchez dans les communes alentours en fonction des routes existantes à l'époque (visibles sur les cartes de Cassini), et dans les communes importantes, chef-lieu de canton ou de département, là où il y avait du travail qui a pu les attirer... ou du chômage qui a pu les en faire partir !

Une petite recherche sur Google sur l'histoire du département et de la commune vous apprendra alors le passé industriel ou artisanal disparu qui peut expliquer bien des énigmes. Bien évidemment, connaître la profession de votre ancêtre est très utile.



e) fouillez le web et exploitez GeneaNet de fond en comble !

Arbres généalogiques publiés, registres et actes en ligne, fonds iconographiques, bibliothèque numérisée sur GeneaNet, blogs individuels, histoire d'une commune, événements locaux sur le web, "Google est votre ami" comme certains internautes le disent en plaisantant : c'est bigrement vrai !



f) quelques erreur à éviter

  • Ne prenez pas au pied de la lettre ce que vous avez pu entendre, même de la bouche de votre grand-mère adorée, et que tout le monde a admis dans votre famille depuis que vous êtes né. Bien souvent, la réalité a été déformée, arrangée, et ce malgré ceux qui ont transmis le souvenir. Un fond de réalité subsiste, c'est à vous de la retrouver, mais n'orientez pas vos recherches en fonction de cette "mémoire de famille".
  • Oubliez votre instinct (même s'il faut en avoir, l'expérience le permet) et vos certitudes sociales ou politiques : un humain du XXIe siècle, à moins d'être historien et psychologue, aura beau faire tous les efforts qu'il veut, il ne pourra jamais se mettre dans la peau d'un paysan du XIXe siècle ou comprendre la logique d'un bourgeois du XVIIIe.
  • Vérifiez ce que vous trouvez, même sur GeneaNet... : les généalogistes ne sont pas mauvais bougres, mais une erreur est vite répétée. La première chose à faire lorsque vous trouvez chez quelqu'un les informations qui vous manquaient, c'est d'aller vérifier avec les actes d'origine s'il ne s'est pas trompé. Pensez à le remercier et le cas échéant à lui signaler son erreur !


En appliquant ces quelques conseils, vous pourrez bien souvent résoudre de petites énigmes, parfois bloquantes. Certes, les cas exceptionnels existent et on ne peut les éviter. Dans ce cas, la patience sera la meilleure des armes : un jour, quelque chose sera publié sur Internet qui vous donnera la clé de l'énigme, ou vous pourrez vous déplacer dans un centre d'archives pour fouiller dans toutes les sources non encore numérisées... qui restent majoritaires aujourd'hui. Un vaste océan d'archives que peut-être seuls nos lointains descendants pourront exploiter en quelques clics.