Exceptionnellement bien conservées malgré l'écriture au crayon de papier, ces lettres décrivent la première guerre mondiale telle que vécue par Jean Gallard, meunier, entre août 1914 et avril 1918, date à laquelle il est fait prisonnier dans la Somme. Il mourra à 32 ans des suites d'une blessure. Dans ces lettres, Jean parle de sa santé, de sa vie militaire, et gère les affaires de sa ferme à distance. "C'est une mine de petits renseignements qui, mis bout à bout, dépeignent parfaitment la vie au front. Par contre, même s'il parle parfois des morts, il n'aborde jamais les atrocités du conflit.", explique Dominique Lenne, qui a mis deux ans à retranscrire les lettres de manière informatique. Elle a découvert le point de vue de Jean Gallard sur les alliés. Il n'aimait pas beaucoup les Anglais, préférait les Russes, et estimait que l'arrivée des Américains risquaient de rallonger le conflit.

L'enseignante note que les 800 missives sont bien écrites, preuve qu'à l'époque les paysans savaient écrire puisque l'école était gratuite et obligatoire. Elles l'ont aussi aidée à casser quelques préjugés : " Les Poilus n'étaient pas toujours dans les tranchées, ils étaient aussi en 2ème ou 3ème front et en permission. [...] L'hygiène n'y était pas non plus si mauvaise que cela." De la longue correspondance que lui a prêté Clara Bariteau, Dominique en a fait un livre. Ce dernier, en relecture, sortira en 2014 ou en 2015 avec l'appui de la Revue de l'association Histoire et patrimoine du Bressuirais dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre.