Après l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Allemagne en 1871, les faïenceries de Sarreguemines, devenues allemandes, décident d’installer à Digoin, en Saône-et-Loire, une usine qui leur permettra de continuer à fabriquer en France.

La création de cette usine, confiée à Félix de Jubécourt, jeune ingénieur natif de la Sarre, s’étalera sur les années 1876 et 1877 et le démarrage pourra commencer dès 1878. Cette année là marquera un tournant pour la ville de Digoin, alors peuplée de 3377 habitants, qui verra arriver à compter du mois de mars et jusqu’au début du 20ème siècle, plusieurs centaines de familles de faïenciers venant de Sarreguemines et sa région, dont beaucoup se fixeront à Digoin, mais aussi les maçons, notamment ceux de la Creuse, qui outre l’édification de l’usine construiront aussi les habitations destinées à accueillir ces nouveaux arrivants et dont la plupart resteront aussi à Digoin.

La population digoinaise passera alors à 4174 habitants en 1881, 4880 habitants en 1891 et 6890 habitants en 1901 soit plus du double en 25 ans.

Pourtant, tout n’a pas du être facile pour tous ces lorrains qui, ne se reconnaissant pas dans l’empire allemand, ont préféré quitter leur région, leur travail, leur famille, leurs amis et leurs repères pour se retrouver dans une région inconnue, au milieu de personnes dont ils ne parlaient pas, ou que très peu la langue et qui les traitaient de Prussiens ou de ya-ya, même si aujourd’hui les noms à consonance germanique, tels que Kloeckner, Meyer, Strottner, Wagner, etc. sont devenus familiers et semblent avoir toujours fait partie du paysage local.

Parmi les premiers arrivants, Jean-Baptiste RUMPLER, âgé de 22 ans, originaire de Welferding près Sarreguemines, s’installera à Digoin avec sa mère, son frère et ses deux sœurs et sera embauché à la fayencerie en février 1879.

Puis, en novembre 1880, soit 18 mois après son arrivée, il retournera à Welferding pour y épouser Madeleine RACHEL, ouvrière à la fayencerie de Sarreguemines, avec qui il reviendra à Digoin quelques jours plus tard, accompagné de sa belle-mère et de ses belles-sœurs.

Treize enfants naitront au sein du foyer entre 1882 et 1903, mais malheureusement les décès furent nombreux car seules cinq filles survivront, ce qui explique la disparition du patronyme RUMPLER.

La première, Elisabeth RUMPLER épousera Alfred BUVAT, maçon venu de la Creuse, avec lequel elle a eu 5 enfants qui sont tous morts sans descendance.

Puis Marie RUMPLER épousera Victor Constant PICHON, maçon venu aussi de la Creuse, avec lequel elle aura 5 enfants, dont l’ainé Jules, fut bien connu à Paray-le-Monial où il créa une entreprise de BTP qui comptera jusqu’à 120 personnes dans les années 60.

Ensuite Barbe RUMPLER qui épousera Louis GUILLEMINOT, ouvrier à la fayencerie puis aux forges à Gueugnon où ils s’installeront et avec lequel ils auront 7 enfants.

La quatrième fille, Jeanne épousera François MARTIN, maçon domicilié à Digoin, puis à Vitry-en-Charollais et enfin à Paray-le-Monial où ils auront 7 enfants, dont Yvonne toujours vivante.

Enfin, la plus jeune des filles, Madeleine RUMPLER, épousera Giovanni PALAI, maçon originaire d’Italie, avec lequel ils s’installeront à Saint-Symphorien-de-Lay, dans la Loire, où ils auront deux enfants, dont Alfred toujours vivant.

Aujourd’hui 350 descendants vivants du couple Jean-Baptiste RUMPLER et Madeleine RACHEL ont été recensés auxquels s’ajoutent 150 conjoints, soit 500 personnes, dont 124 participent à la cousinade,

La doyenne est Marcelle PICHON de Paray-le-Monial, veuve de Maurice CHAMARAUD, âgée de 84 ans, arrière-petite-fille de Jean-Baptiste et Madeleine  et la plus jeune est Lylou DAGOIS de Neuvy-Grandchamp, âgée seulement de 3 semaines, qui descend  du couple Louis GUILLEMINOT et Barbe RUMPLER.
Bien sur, quiches lorraines et tartes aux mirabelles, spécialités de Lorraine, sont au menu de même que cartes, livres et photos de la région de Sarreguemines, posters de la Moselle seront exposés et tous les participants pourront se situer sur un arbre généalogique de 30 mètres de long, reprenant les 6 générations de descendants du couple.

De même, un arbre généalogique de leurs ascendants permettra de remonter jusqu’au 17ème siècle et de nombreuses photos plus ou moins anciennes des descendants seront exposées, ce qui sera pour beaucoup, l’occasion de visualiser des ancêtres que souvent ils ne connaissent pas.