Sous l’Ancien Régime l’enfant recevait, au moment de son baptême, parrain et marraine comme autant de protecteurs. La tendance populaire multipliait leur nombre pour mieux assurer le salut spirituel et matériel de l’enfant en cas de disparition de ses parents, fait assez fréquent alors.

Le concile de Trente (1545-1563) prescrivit le retour au parrainage simple, si bien qu’aux XVII et XVIIIème siècles, le phénomène du parrain et de la marraine unique s’imposa, ceux ci ayant de fait de réelles et lourdes charges envers leur filleul. De fait, il est fréquent de voir des paysans, même très modestes, s’adresser à des personnes plus riches et plus puissantes qu’eux, telles qu’un notable local ou son épouse, le curé de la paroisse, ou le seigneur du lieu.

Si le parrain et la marraine acceptaient, alors les parents en ressentaient une certaine fierté et espéraient pour leur enfant quelques avantages matériels. En effet les parrain et marraine étaient obligés de diverses manières envers leur filleul(e) : spirituellement bien sûr,  symboliquement  comme en limousin où la tradition voulait que le parrain conduise sa filleule à l’autel pour son mariage, matériellement par l’offre de cadeaux ou d’une protection sociale ou professionnelle, par exemple.

Ainsi s’établissaient des relations entre familles, relations qui aboutissaient à des réseaux utiles lorsque l’enfant devenait adulte.

Pour la CSGHF,
Béatrice VICIDOMINI
Généalogiste professionnelle dans le lyonnais

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