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L’ADN pour étudier les migrations entre la Grande-Bretagne et la Russie

Une étude ADN a été lancée pour pister les descendants britanniques qui ont émigré en Russie il y a quelques centaines d’années.

Méconnue en Grande-Bretagne, cette migration vers l’est est par contre très connue en Russie.

Les russes portant le patronyme Lermontov, par exemple, déclarent descendre d’un soldat écossais capturé au XVIIè siècle.

Cette nouvelle étude devra démontrer si cette migration peut être prouvée par des données génétiques.

Le projet Russian-British est mené par le Professeur Bryan Sykes, fondateur du service d’analyses ADN Oxford Ancestors.

“Un collègue de l’académie fait référence à des familles russes se réclamant d’ascendance britannique et, bien qu’ils soient incapables de parler un mot d’anglais, peuvent chanter des berceuses anglaises ou écossaises”, explique le Professeur Sykes.

Ces traditions ont apparemment été transmises oralement de génération en génération.

A part Lermontov, les patronymes qui seront analysés durant le projet inclueront les familles Greig et Crichton à Moscou, une famille Reads à Saint Petersbourg (un Nikolai Read était commandant des forces russes dans le Caucase au milieu du XIXè siècle), et les Smytovs.

Les britanniques semblent avoir émigré en Russie pour différentes raisons. L’existence de mercenaires britanniques combattant dans les guerres européennes est attestée.

Et entre le XIIIè et le XVIIè siècle, il y avait beaucoup de liens commerciaux entre la Grande-Bretagne et la Baltique via la ligue hanséatique - une alliance de guides commerciaux.

Le patronyme Lermontov est supposé dériver du patronyme écossais Learmonth (ou une de ses variantes comme Learmont, Learmond ou Learmouth).

Un porteur notable était Mikhail Yuryevich Lermontov (1814 - 1841), un des plus grands poètes russes.

Lermontov est né à Moscou dans une famille respectable et descendant de Learmonths écossais. L’un d’eux, enregistré dans les registres russes au nom de Peter Lermontoff, a émigré au début du XVIIè siècle après avoir été capturé par l’armée russe.

Malgré de nombreuses recherches effectuées par des historiens russes et des membres de la famille, il est impossible de trouver la trace d’un retour de Peter Lermontoff en Ecosse.

Lignée paternelle

Oxford Ancestors est actuellement à la recherche de participants pour l’étude ADN.

“Nous voulons savoir si les Lermontovs et les Learmounts sont les mêmes” a déclaré le Professor Sykes sur le site de BBC News.

“C’est exactement le genre de choses que nous pouvons prouver grâce au chromosome Y.”

Le chromosome Y est un matériel génétique uniquement porté par les hommes. Il est légué du père à ses fils, plus ou moins inchangé, comme un patronyme.

Mais à partir d’un certain nombre de générations, le chromosome Y accumule des petites transformations dans sa séquence.

Cela génère une sorte de lignées masculines distinctes dans la population. L’étude des relations entre ces différentes lignées peut aider les scientifiques à reconstruire les arbres généalogiques et aussi, connaître les anciens mouvements de populations.

Découverte inhabituelle

Si les Lermontovs russes et les Learmounts écossais sont liés, il doivent partager les mêmes signatures de mutations de leur chromosome pointant sur un ancètre commun.

“Nous espérons récupérer des échantillons d’ADN de quelques personnes porteuses du même patronyme et pouvoir identifier un chromosome commun aux Learmonts écossais” explique un généticien de l’Université d’Oxford.

“L’espoir est qu’il s’agisse d’un chromosome inhabituel pour que si nous le trouvions ailleurs - en Russie, par exemple - nous soyons pratiquement certains qu’il existe un ancètre commun.”

Le Professeur Sykes, dont le livre “Blood of the Isles” trace les racines britanniques, explique : “Nous avons déjà fait cela plusieurs fois en Grande-Bretagne pour définir si des patronymes avaient une origine commune ; parfois ils en ont une, parfois non.”

in BBC News
Traduction : Jean-Yves Baxter

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