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GeneaNet : Communauté : Blog Généalogie Samedi 21 novembre 2009 | Fête de Saint Albert

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Charles Basile Le Roy, maître-horloger

N'ayant que peu de "documents de famille", j'ai commencé mon enquête... au centre national des arts et métiers.

 J'ai découvert que le premier horloger de la famille n'était pas le célèbre Julien Le Roy, un grand scientifique, inventeur et maitre horloger né à Tours, mais Bazile, né en 1730 à Sucy en Brie, fils d'un scieur en long et filleul des enfants Béthune-Charost. Il aurait pu être un batârd de cette très célèbre lignée de pairs de France... mais le parrain (Bazile) avait 18 ans et était abbé...

Orphelin à 12 ans, ce petit paysan est envoyé en apprentissage chez un horloger parisien, il restera ouvrier toute sa vie et son parrain meurt à 20 ans à Versailles (pas de chance...).
Sa fille épouse en 1798 un horloger connu, Charles Oudin.

Son fils Charles Bazile, né en 1765, va faire une ascension sociale fulgurante, maître horloger (8 ans d'apprentissage et une nomination par ses pairs..), en 1792 il achète une boutique au Duc d'Orléans qui, ayant besoin d'argent, a fait bâtir dans son jardin du Palais Royal, plusieurs pavillons (excellente opération immobilière d'après les documents consultés).

Les montres étaient alors des produits de grand luxe. Le Palais Royal était le lieu des salles de jeu et de la vie nocturne des aventuriers et des prostituées, mais aussi des révolutionnaires.

Charles Bazile fait une vente fictive à un employé et disparaît pendant la révolution (avec un nom pareil !), revient avec Bonaparte, divorce, se remarie, "horloger de l'empereur" et assez célèbre pour qu'une de ses montres soit exposée au musée du Louvre (allez voir cette collection remarquable de l'évolution des "montres" de la Renaissance au XIXème siècle).
Son fils, également maître horloger, Louis Charles le Roy épouse en 1825 la fille (elle a 16 ans) d'un autre horloger connu, Gaspard Mugnier. Plus chef d'entreprise qu'artisan, "horloger du roi et du duc de Bourbon", il fait fortune, se crée des armoiries...
Les montres deviennent moins rares et moins chères, les mécanismes sont importés de Suisse, la décoration (bijouterie) se faisant à Paris.

Mais en 1830, la révolution, l'épidémie de choléra puis la fermeture du Palais Royal par Louis Philippe (suite à de nombreux suicides de jeunes nobles ruinés par le jeu) doivent alerter Louis Charles, dont aucun fils ne veut reprendre la succession.
Il vend à un anglais (grands concurrents pour l'horlogerie de marine) son commerce en 1845 et se retire à Boulogne sur mer. Son fils ainé Charles Etienne devient banquier sous Napoléon III, recevra la légion d'honneur pour avoir aidé l'armée contre la Commune de Paris (ce qui pour moi est peu honorable !!!)

La guerre de 14-18 puis quelques descendants plus habitués à dépenser l'argent qu'à gagner leur vie remettront la famille à un niveau de fortune plus modeste.

J'ai aimé découvrir cette aventure... après 4 ans de recherches assidûes !

Un témoignage présenté par Nicole Le Roy

[ La généalogie de Charles Bazile Le Roy ]



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