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Louis Marin Caillet, un ancêtre pas très fréquentable

Ma généalogie, ce sont des générations de gens sans histoires, originaires de pas bien loin : un essaim d'auvergnats scieurs de long nichés aux confins du Livradois, un zest de bretons des environs de Rennes, nombre de paysans bas-normands, les sabots enracinés dans la glaise du Perche et du pays d'Ouche, tous laboureurs, journaliers, cultivateurs, quelques tisserands.

Ah ! je note au loin un boucher, un mercier, même une aïeule baptisée à l'Eglise St Paul à Paris au début du 18ème siècle.
Pas de prince ! Pas de pendu ou alors il y a si longtemps !
Pas l'anglais que m'avait annoncé une vieille cousine...

Tout de même, au 19ème siècle, au coeur de l'Orne, un filou, une racaille dirait-on. De lui, personne n'avait gardé la mémoire. C'est lui que je veux présenter aujourd'hui.

 Il s'appelait Louis Marin CAILLET, né à Sées, an X de la République - Ce siècle avait deux ans - Celui du grand Victor Hugo. Il est le fils de Charles CAILLET et de Marie Louise DANIEL.

Louis Marin est tourneur sur bois.Quand il se marie en 1824 avec une jeune fille de la Gonfrière, Aimée Catherine DECAUX,  Il est domicilié dans le village voisin, Saint Evroult Notre Dame des Bois, charmant village qu'anoblissent les ruines d'une abbaye qui eut son heure de gloire, embellie par un étang et entouré d'une forêt dont mon grand-père paternel fut en son temps le garde chasse. Au début du siècle dernier il y avait là une verrerie où mon père a commencé à travailler à l'âge de 13 ans. Elle avait été créée en 1837. Louis Marin l'a donc connue.

Donc notre ami est marié, père de famille, il a un métier. Que se passa-t-il ? La misère ? Le chômage peut-être ? Les mauvaises fréquentations ? L'alcool ? Louis Marin était-il une forte tête ?

En tout cas, quand sa fille Zélie CAILLET, Ouvrière en robes, se marie en 1847, Aimée, sa mère, est décédée, Louis Marin est incarcéré à la prison de Beaulieu à Caen. Renseignements pris, Louis Marin avait été condamné à 8 années de réclusion par la Cour d'Assises de l'Orne pour "vol d'argent dans une maison habitée" le 08/07/1841. Il fut libéré en1848 et dirigé sur Argentan.

caillet.jpg

En 1854, quand son fils Auguste Léonard, maréchal ferrand, se marie à son tour, Louis Marin est en état d' interdiction légale, sans profession, et vit à Brest. Ceci par arrêt de la Cour d'assises de l'Orne en date du 24/07/1852. Avait-il commis quelqu'autre larcin ou à l'instar de Jean Valjean était-il victime de l'acharnement de quelque Javert ?

Le malheureux, affaibli par l'épreuve de la prison, privé de travail, veuf d'une épouse épuisée par le chagrin, banni, honni par les siens, "mort civilement" ainsi que l'écrit sa mère dans un des actes que j'ai en main, Louis Marin n'a plus qu'à mourir dans la misère et l'isolement.

Eh bien pas du tout ! Combien de temps notre vaurien resta-t-il à Brest ? Comment y vit-il ?
Le sûr , c'est qu'il revint à Saint Evroult et qu'il s'y éteignit à l'âge respectable de 92 ans entouré de ses enfants, Zélie devenue cafetière, Auguste Léonard toujours Maréchal ferrand, Louis, perruquier... et de ses nombreux petits enfants et arrière petits enfants dont ma grand mère paternelle qui avait 14 ans à sa mort.

Je n'ai aucun portrait de cet ancêtre turbulent et si peu recommandable que la famille préfera l'oublier.
Eh bien pour moi, j'avoue mon interêt pour cette tête de lard, ce dur à cuire qui s'est acharné à vivre avec une belle énergie.

Un témoignage présenté par Françoise Magnet

[ La généalogie de Louis Marin Caillet ]



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NB : donnez le lien vers votre arbre en ligne et l'ancêtre dont vous souhaitez parler. Une photographie de vous-même, à défaut de celle de votre ancêtre, sera la bienvenue.
Attention, tous  les témoignages reçus ne seront pas sélectionnés !  Les témoignages devront concerner des personnes nées avant 1900, il n'est pas question ici de parler de contemporains.

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Voilà une histoire attachante, je l'ai lue entièrement le sourire au lèvres, espérant une suite, tant l'écriture en est bien belle !

Bravo : votre ancêtre appartient à l'histoire, cacher sa vie ne sert strictement à rien, sauf à exciter les mauvaises intentions. Au contraire, en parler et s'intéresser aux événements positifs de sa vie suscite un bel intérêt: par exemple, de quoi et avec qui vivait-il à Brest, puis à St Evroult ? Mener à cette époque une telle vie jusqu'à 92ans est à coup sûr un exemple qui mérite d'être médité. Encore bravo !

merci pour cette histoire de vie partagée, et qui me donne envie, moi aussi, d'en savoir davantage sur mes ancêtres

J'ai eu beaucoup de plaisir à lire votre histoire. Votre ancêtre, ce personnage haut en couleur qui a réussi à se faire une place envers et contre tous, nous prouve qu'il n'y a pas de fatalité dans les histoires de vie. Par contre ce qui est arrivé à votre ancêtre était fréquent. Je suppose qu'il a été bagnard condamné au bagne de Brest ? puisque vous dites qu'il était resté à Brest. Les bagnards en fin de peine ététui parfois interdit de retourner dans leur pays d'origine. Etait suivi dans leur déplacement après libération. Ou parfois surveillé à vie...Il pouvait avoir été jugé hors la loi et privé de leurs biens et leurs droits. J'ai touvé tous ces renseignements à propos de l'histoire de mon ancêtre bagnard, mort au bagne de Brest en 1843. Et je suis curieuse de connaître des histoires semblables.

Félicitations pour cette belle narration ! La somme d'argent dérobée, peut-être pour faire face à une situation particulièrement difficile, méritait-elle 8 années d'emprisonnement ? L'histoire de votre aïeul souligne la dureté d'une époque pas si lointaine.

Bravo, cette histoire est trop courte ! Pour que ses enfants l'entourent dans ses vieux jours, ce ne devait pas être un méchant homme. On aimerait en savoir plus, bien plus !

A propos du nom de famille de votre ancêtre, il existe à Auzon (Haute-Loire, à la limite du Puy-de-Dôme) toute une famille CAILLET/CHALET. Savez-vous s'il était originaire de l'Orne ou s'il venait d'ailleurs ?

Merci pour les commentaires concernant mon ancêtre Louis Marin. Moi aussi, j'aimerais en savoir plus et je m'y emploie. Je viens d'écrire aux AD du 61 pour avoir le 2d jugement. J'écris ce jour à Brest selon les conseils de Monique Gaigneux. Pour répondre à Pixis, côté CAILLET(qui est parfois écrit Caillé) je ne remonte pas très loin: les parents de Louis Marin était de Sées. Mes recherches sont ralenties car j'habite en Région Parisienne et ne puis me rendre à Alençon que de loin en loin. Par contre Jean Marie MAGNET, mon grand père qui a épousé l'arrière petite fille de Louis Marin était né à Job, ses parents à Champetières et la plupart de leurs ancêtres était de Fournols. Je pense que le patronyme Caillet est assez fréquent . Bonne journée à tous.

Merci pour ce souvenir attachant: j'ai pour ma part un berger voyageur retrouvé mort sur le bord d'une route dont l'existence vagabonde m'a toujours fascinée. La généalogie ce sont des vies pas des noms et des dates.

Madame,

Ecrivant un livre, Les grandes affaires criminelles de l'Orne chez de Borée, je consacre un chapitre à votre ancêtre, dont parlait le romancier Alphonse Kar. Auriez-vous de nouvelles informaions à son sujet ?

Vous remerciant,

Jean-François Miniac.

à l'attention de M. Miniac.

Voir le message que j'ai mis ici : http://blog.geneanet.org/index.php/...

et qui concerne un cas de bigamie dans l'Orne.. Ce n'est pas une "grande affaire criminelle" mais peut-être serez-vous intéressé ? J. Baillon.

A monsieur MINIAC,

vous ecrivez donc un livre sur les affaires criminelles?
Je voulais vous poser une question au sujet d un meutre commis à menil gondouin , dans l orne.
Cetait en janvier 1923, au lieu dit : LE BISSON, à Ménil gondouin.
Auriez vous quelque chose à ce sujet?
Je ne donne pas le nom de cette personne volontairement, mais si vous aviez quelqus renseignements, nous pourrions correspondre par mail
morel@ool.fr
Merci
pat

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