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GeneaNet : Communauté : Blog Généalogie Lundi 13 octobre 2008 | Fête de Saint Géraud d'Aurillac drapeaux English Español Français Italiano Deutsch Nederlands   

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Vos ancêtres sont vivants : une nouvelle rubrique dans ce blog

GeneaNet vous présente une nouvelle rubrique exclusivement liée au blog, dont le but est simple : régulièrement, un membre de GeneaNet présentera l'un de ses ancêtres. Nous avons tous, on ne saurait trop dire pourquoi, un aïeul "préféré", souvent parce que sa vie nous fait rêver plus que celle d'un autre, toujours parce que l'on a trouvé pour lui plus de documents que les seuls "BMS".

Cette rubrique vous est donc ouverte ! Si vous voulez parler de l'un de vos ancêtres, répondez seulement à ces deux questions :

1) présentez votre recherche
2) parlez-nous de la vie de votre ancêtre


Il n'est pas utile de rédiger un texte aussi long que celui que je vous livre ci-après, à titre d'exemple. Quelques lignes de présentation pourront parfois suffire. Tout document d'illustration sera bien entendu le bienvenu. Il ne vous reste plus qu'à envoyer votre témoignage à "temoignage@geneanet.org". Ajoutez-y un lien vers votre arbre en ligne et l'ancêtre dont vous souhaitez parler.

Attention, tous ne seront pas sélectionnés, et plus vous serez nombreux à proposer un texte, moins vous aurez de chance d'être publié rapidement.
Nous devrons faire un tri parmi les témoignages reçus. Une photographie de vous-même, à défaut de celle de votre ancêtre, sera la bienvenue. Les témoignages devront concerner des personnes nées avant 1900, il n'est pas question ici de parler de contemporains.

François Joseph Amberger, ancêtre à la 7ème génération de Frédéric Thébault : lien direct

François Joseph est le plus lointain ancêtre sur lequel j'aie pu mettre un visage. Son portrait, réalisé sans doute vers la fin de sa vie, a marqué mon enfance : il (ou plutôt une copie réalisée à l’époque) était au beau milieu du salon de mes grands-parents maternels, à Nice, et m’a toujours considérablement impressionné.
Quelle majesté dans cette pose, quelle puissance dans ce regard... On y voit un homme d’une soixantaine d’années, plutôt corpulent, en bonne santé. La lèvre est sensuelle, le regard brillant d’intelligence. Ce visage a du caractère, et une force indéniable s’en dégage.

Mon grand-père est décédé lorsque j'avais 11 ans, ma grand-mère lorsque j'en avais 17, et les questions que j'avais pu poser à cette dernière concernant ce portrait n'amenaient pas de réponse. C'était peut-être quelqu'un de notre famille, ce portrait était déjà chez sa mère, à Besançon, elle ne savait rien de plus. Avec le recul, je me dis aujourd'hui que son existence est peut-être l'une des causes de mon engouement pour la généalogie.

Après le décès de ma grand-mère, ce portrait est parti chez ma tante, et c'est à cette occasion que nous nous sommes aperçus qu'à son verso figurait une liasse de papiers, rédigée par un oncle de ma grand-mère décédé en 1944. Il y expliquait qui était le personnage peint, et donnait quelques détails sur sa vie, sans toutefois préciser aucune date ou lieu.
Plusieurs ouvrages d'histoire locale, une reconstitution généalogique complète et un contact heureux avec deux cousins éloignés m'ont permis de reconstituer aujourd'hui la vie de François Joseph Amberger.

Pièces possédées : tous ses actes d'état-civil, son inventaire après décès, un recensement, des transcriptions de notes laissées de sa main sur un livre de raison, et deux contrats de mariage, son portrait.



 

 François Joseph Amberger (1759 - 1838)

 

François Joseph, peut-être tout simplement appelé Joseph (il est déclaré ainsi lors de la publication de son 1er mariage), est donc né le 6 décembre 1759, à Landser (Haut-Rhin), où vivent ses parents. Je ne sais rien sur lui jusqu'à ce qu’il ait atteint 26 ans. Sa famille a eu en tous les cas les moyens d'acheter sa charge de notaire. En effet les conditions permettant d'exercer ce métier étaient simples : être un bon catholique, et posséder des provisions d'office qu'il fallait payer : bien souvent, elles restaient dans la famille et passaient de génération en génération.
Une chose est sûr, François Joseph était parfaitement bilingue dans un pays encore fortement germanisé, et sa signature majestueuse, alambiquée et interminable, témoigne de son éducation.

Conséquence de cette érudition, il fonde en 1791 la première étude notariale du village, alors chef-lieu de seigneurie et de bailliage, d'où la présence d'un personnel administratif nombreux et de beaucoup d'artisans, qui ouvre ses portes le 4 juillet. Il a alors 31 ans, et il dirigera ladite étude jusqu’en 1804.

Avant d’ouvrir son étude, François Joseph s’est marié, comme cela sied à tout jeune homme digne de respect. En présence de son beau-frère Antoine Rothea, de MM. Kessler et Roelly (certains géénanautes auront fait le rapprochement : oui, il s'agit bien de l'ancêtre du Président de FranceGenWeb, mon cousin Guillaume Roelly !), il épouse le 21 novembre 1785 une fille du village proche de Zillisheim (lieu d’origine de sa mère), Marie «Thérèse» Lochmann, issue d’un milieu bourgeois.

Les années de tourmente

Quelques années après, la région du Sundgau, comme la France entière, est prise dans une tourmente qui changera définitivement le paysage politique, économique, historique du pays, de l’Europe, voire du monde entier : la Révolution.

signamberger.jpgMon arrière-grand-oncle, René Ihler, connut bien son arrière-grand-mère, qui fut la seconde femme de François Joseph, et assista aux obsèques de cette dernière en 1879, alors qu’il avait 12 ans. Il écrivit ce qui suit derrière le portrait de notre notaire : «François Joseph Amberger était riche, sa clientèle était composée de toute la noblesse des environs, et il dirigeait l’étude la plus réputée de la région. Pendant la Révolution, il eut fort à faire pour sauvegarder les fortunes et biens que lui avaient confiés les ci-devant ses clients, dont bon nombre avaient fui à l’étranger, le tout sans se compromettre lui-même aux yeux des maîtres du jour. Il y réussit parfaitement.»

C’est ainsi notamment que le seigneur de Hirtzbach, petite localité avoisinante, Charles Joseph Antoine de Reinach Hirtzbach (1741-1815), ex-Maréchal de Camp des Armées du Roi, Chevalier de l’Ordre Royal et militaire de Saint-Louis «lui offrit en témoignage d’estime, de reconnaissante amitié et d’attachement, la réalisation de son portrait, peint à l’huile».

Le baron Charles Joseph Antoine de Reinach Hirtzbach était issu d’une très vieille famille noble, et dès le début de la Révolution, après le pillage de son château de Hirtzbach, il s’était installé chez sa mère, à Altkirch, où il demeura jusqu’en 1804. L’amitié des deux hommes était sans doute très forte, car on retrouve le baron lors de la naissance du fils de François Joseph, en qualité de parrain, l’enfant porte d'ailleurs les mêmes prénoms que le baron : Joseph, Antoine, Charles.

Mais faisons un bond de quelques années, et atterrissons en 1804.
La Révolution était terminée depuis longtemps, et François Joseph s’en était bien tiré. On apprend alors qu’il obtint le transfert de son étude (le 6 décembre 1804, jour anniversaire de ses 45 ans) à Altkirch, petite ville qui lui convenait mieux qu’un simple village, ce qu'était devenu Landser, très affaibli après la Révolution.


altkirch.jpgUn mariage somptueux

Notons que si François Joseph installe son étude à Altkirch en 1804, il y habite depuis au moins 1793, lors du décès de son père. Le 22 avril 1810, c’est à la mairie que l’on retrouve François Joseph Amberger. Sa première femme, Thérèse Lochmann, est décédée prématurément, et ne lui a pas donné d’enfants.
Il épouse donc la fille d’une personnalité à sa mesure, le procureur fiscal du bailliage de Marckolsheim, également Lieutenant préposé à la police du commerce intérieur : Népomucène Nansé. Celle-ci est la toute jeune Marie-Anne Nansé (elle signe Marianne), à peine âgée de 18 ans.
Elle racontait souvent à René Ihler que le mariage avait été somptueux, et que cet époux de 50 ans qui aurait pu être son père l’avait comblée de cadeaux. Ainsi, sa corbeille de mariage contenait notamment plusieurs fourreaux (robes) de satin de toutes les couleurs, un cachemire de l’Inde et de nombreux bijoux.
Et, malgré leur différence d’âge et un mariage pour lequel la mariée n’avait certainement pas été consultée, phénomène courant alors, le couple vécut très heureux.
Ils eurent 6 enfants de 1810 à 1824, Joséphine, Charles, mon ancêtre direct, Constance, Marie Anne Adèle, Paul et Henri.

Antoine-De-Reinach-Hirtzbac.jpgFrançois Joseph, laissant sa jeune épouse s’occuper de leur foyer et de leurs enfants, continuait pendant ce temps-là son activité de notaire, activité ô combien lucrative en ces années incertaines, de la Révolution jusqu’à la Restauration. Il était également sergent seigneurial, et à ce titre homme de main, fidèle parmi les fidèles du baron De Reinach et un ouvrage sur le baron, rédigé par la société d'histoire locale, m'a permis de retrouver plusieurs mentions de François Joseph. J'y ai ainsi noté que François Joseph habite en 1793 chez le baron, que huit ans plus tard il habite juste à côté, qu'il occupait "une position non négligeable dans les nouvelles instances" et qu'il soutint le baron "avec efficacité", ou encore qu'il était franc-maçon.

Notable  et respecté

Un autre ouvrage sur Altkirch fourmille lui aussi d'éléments intéressants. On y apprend ainsi, en sus d'études menées par François Joseph pour la faisabilité d'installation de bâtiments, que le 25 prairial an 11 (14 juin 1803) a lieu la seconde mise en vente de l’église d’Altkirch pour un prix fixé à 660 francs. “Le citoyen Levy, de Rixheim, propose 600 francs au premier feu. François Joseph Amberger, d’Altkirch, surenchérit et remporte l’adjudication”.
Voilà donc notre notaire propriétaire de l’église du village ! Pour son compte ou pour celui du baron De Reinach ? Il la cèdera sans doute peu après car autant que l'on sache, l'église d'Altkirch est retournée aujourd'hui dans les mains de ses premiers propriétaires !

Winckler-Jean-Antoine.jpgEn 1816, Antoine Winckler, ami de François Joseph, devient maire d’Altkirch à l’occasion de la chute de Napoléon. Il donne un banquet, sur l’invitation du préfet, pour fêter le retour de Louis XVIII après l’épisode des Cent Jours. Ne doutons pas que François Joseph y fut convié, ce qui tend à confirmer que comme beaucoup de bourgeois de cette époque, on suivait les idées que l’on avait le plus intérêt à suivre...

Le sous-préfet disait d’ailleurs de Winckler : “homme riche et populaire, (il pêche) par l’instruction et par la versatilité de ses opinions politiques”.

François Joseph Amberger prend sa retraite le 12 décembre 1833, après avoir fêté ses 74 ans, et cède son étude à maître Gaspard Antoine Clavé. Aujourd’hui, 150 ans et huit notaires plus tard, celle-ci existe toujours.
Il coule sans doute des jours heureux jusqu'à sa mort, le 21 mars 1838, à regarder sa jeune épouse élever ses enfants, non sans avoir, très certainement, donné de nombreuses recommandations quant à leur avenir.
Sa jeune femme Marie-Anne Nansé était elle qualifiée de « sainte et digne femme », car elle soignait les élèves et les orphelins. Elle mourra en 1879, 41 ans après son mari, à Colmar où elle s’était installée.

signamberger2.gif

 

Envoyez vos témoignages à "temoignage@geneanet.org"
Merci de noter que tout message hors-sujet ne donnera lieu à aucune réponse ni accusé réception

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bonjour ma grand- mere etait couturiere à hesdin elle etait née en 1888 décédée en1989.j'aurais voulu mieux la connaitre ,mais elle habitait trop loin de chez moi;car jadis il n'y avait pas de voitures comme actuellement et avec les trains la correspondance etait tres mauvaise. amicalement micheline

bonjour, mes ancetres sont de conditions modestes, j'ai 3 ancetres qui me passionnent , mais je peux pas en parler aussi bien que ce monsieur , j'ai aimé son histoire , simple et beaucoup de detailles sur son ancetre cordialement Sylvie

Bonjour, Cette nouveauté sur votre blog, correspond en partie au concept de www.toujoursla.com. qui établi justement des liens entre des portraits d'ancêtres sur Toujoursla et un arbre généalogique sur Geneanet. Le saviez-vous en ouvrant cette rubrique ?... Ou est-ce uniquement le désir profond que vous avez eu comme beaucoup de nos comtemporains de rendre hommage à votre ancêtre...? Quoiqu'il en soit, je salue l'initiative. Bien Amicalement, Laurent

moi je connais celui la : http://genealia.com/temoignages

J'aime beaucoup l'idée de présenter ses ancêtres préférés car c'est souvent l'occasion de plonger dans d'autres sources que les BMS... et j'attends donc avec impatience la suite... Dans quelle catégorie du blog geneanet sera-t-il possible de consulter les nouveaux portrait d'aieux ?

Bonjour, La rubrique se nomme "Témoignages" (menu ci-contre à gauche). Un prochain témoignage sera publié la semaine prochaine, j'encourage tout le mo nde à envoyer ses textes !

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