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GeneaNet : Communauté : Blog Généalogie Vendredi 12 mars 2010 | Fête de Sainte Justine

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Généalogie en direct (7)

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Nous voici désormais dans un passé lointain, celui du siècle des Lumières, avant que la Révolution ne bouleverse les structures en place depuis des siècles, donnant la "Liberté, Egalité, Fraternité ou la Mort" à tous les "Citoyens du peuple de France", guillotinant par la même occasion un roi pourtant pas si mauvais, Louis XVI.

Nous disposons du nom des parents de Joseph : Jean-Baptiste Moutet et Marie-Thérèze Pons (le "z" en lieu et place du "s" n'est pas surprenant à cette époque ou la phonétique prime sur un quelconque respect orthographique).
Mais nous ne savons rien de plus sur ses parents. Quel âge ont-ils ? Ils habitent à Biot, certes, mais en sont-ils originaires ?
Nous allons devoir chercher à l'aveuglette dans les registres biotois, patiemment, page après page, année après année, en remontant le temps, pour dénicher des Moutet et noter tout ce qui peut nous permettre de trouver plus rapidement notre Jean Baptiste.

Nous savons déjà plusieurs choses : un Jean Baptiste Moutet est décédé en 1823 à 62 ans. Comme nous n'avons pas l'âge de "notre" Jean Baptiste en 1795 lors de la naissance de son fils, nous pouvons néanmoins parier sur le fait que celui qui décède en 1823 est le bon : il serait ainsi né vers 1761. Une naissance de son fils en 1795 lui donnerait 34 ans, ce qui est tout à fait plausible. Dans ce cas, si nous estimons qu'il n'a pas pu se marier avant 18 ans, son mariage — s'il a eu lieu à Biot ! — devrait se situer entre 1779 et 1795, soit 16 années de recherches à effectuer.

Mais au moment d'entamer cette recherche, une heureuse surprise nous attend : les registres paroissiaux de Biot possèdent des tables répertoriant baptêmes, mariages et sépultures ! Et celles-ci ont été établies entre 1720 et 1790 ! Une aubaine pour le généalogiste, qui plus est excessivement rare. Le premier réflexe, dans ce cas, est bien évidemment de nous jeter, le cœur battant, dans ces splendides répertoires...

Ceux-ci sont très bien tenus, et par dessus le marché en bon état : classés par ordre alphabétique et pour chaque lettre année après année. Il ne nous faut donc que quelques minutes pour trouver la mention du mariage de Jean Baptiste Moutet et Marie Thérèse Pons, à la date du 30 nivôse an III, soit le 19 janvier 1795. Joseph étant né le 2 nivôse an IV (23 décembre 1795), il s'agit de leur premier enfant.

Sans beaucoup tatonner, nous trouvons l'acte de mariage désiré. Celui-ci est très complet, et nous donne entre autres la date de naissance de Jean Baptiste, le 6 décembre 1759, et le nom de ses parents : Louis, décédé, et Marie Amiel. Cela nous confirme que c'est bien "notre" Jean Baptiste qui est décédé en 1823, les parents mentionnés étant les mêmes.
Un retour à nos tables alphabétiques nous confirme la naissance de Jean Baptiste en 1759, indiquée le 6 Xbre. Mais nous ne trouvons pas l'acte à cette date... car il a eu lieu 20 jours plus tard, le 26 et pas le 6, une double erreur qui témoigne par la même occasion que l'officier d'état-civil, en 1795, s'est peut-être juste contenté de lire les tables et qu'il n'a pas consulté l'acte original.

Mais continuons : puisque nous avons des tables détaillées, on en profite pour chercher immédiatement les références concernant le père de Jean Baptiste, Louis. Comme pour son fils, on trouve rapidement le décès et le mariage, mais pas la naissance. Il semble même qu'il n'y ait pas de Moutet avant 1755, date à laquelle Louis épouse Marie Amiel.
L'acte de décès restera une simple mention dans les tables, il semble en effet que les registres de l'année 1779 aient disparu. Sur l'un des microfilms numérisés, on passe directement de 1777 à 1780, et sur un autre on s'arrête au 31 décembre 1778. Cela n'est pas trop grave, car la date nous est connue, et les informations des actes de décès, avant la Révolution, restent souvent très limitées.

signaturemoutet.jpg

Plus intéressant est, bien entendu, l'acte de mariage. Celui-ci est même fondamental pour la poursuite de nos recherches. On y apprend que "Loüis Mottet" est "maistre cordonnier habitant de la paroisse d'Antibe" et qu'il est "agé d'environ quarante cinq ans, fils à feu antoine jardinier et de feue honorate Bertrand de la ville de Grasse".
Marie Amiel est quant à elle "fille à feu pierre amieil jadis tisseur à toile et de feüe françoise Dur(bec ?) dudit lieu de Biot."
Parmi les témoins, plusieurs personnes ne sont pas de Biot : "jâques Bernard fils à feu Sr Gaspar de la ville d'Antibe résident audit Biot", "jâque Trastour du lieu de St jeannet résident audit Biot" et "Loüis Felé fidelier (NB : de quelle profession peut-il s'agir ? Une déformation de "fildier" (filandier, tisseur) ou d'un autre métier ?) de la ville d'Antibe", "marc antoine Daver tisseur de laine de la ville de Grasse". Les autres sont du village : "Sr Carens fils de Sr antoine", "pierre Bel fils de Sr Lambert Bel du lieu dudit Biot".
Par précaution, et puisque les registres sont très lisibles et que les tables nous aident considérablement, relevons les autres enfants Moutet nés après Jean Baptiste, qui sont tous des enfants de Louis et Marie Amiel, et notons les parrains et marraine (tous, en qualité de proches de la famille, ont des chances d'être des oncles, des tantes, grands-parents, etc). Les informations que nous y trouverons nous donneront au mieux des éléments d'ascendance, au pire une idée des personnes qu'appréciait la famille.

S'il subsiste une légère ambigüité (Louis est-il né à Antibes, ou à Grasse ?), une chose est quasiment certaine : nous allons quitter le petit village de Biot pour une commune d'importance, qu'il s'agisse de la cité fortifiée d'Antibes, en bord de mer, ou de la capitale du parfum, plus loin dans les terres, Grasse. Peut-être la famille a t-elle également une souche à Saint-Jeannet, village haut-perché des contreforts des Alpes.

On notera que pour la première fois, une nouvelle orthographe au patronyme Moutet apparaît : Mottet. La prononciation du "o" en "ou" est quasiment systématique dans ces régions du sud de la France, d'Est en Ouest, et il faut se méfier des patronymes apparemment dissemblables. Ici pas de doute, c'est la même personne, d'autant que Louis signe sur son acte de mariage Moutet, et Mouttet sur l'acte de naissance de Jean Baptiste.

Une autre quasi-certitude se fait jour à la lumière de cet acte : le petit tour d'horizon des tables nous ayant montré qu'aucun autre Moutet n'est présent à Biot avant 1758 (naissance du premier enfant du couple Moutet-Amiel, Joseph, qui ne vivra que quelques mois), tous les Moutet présents à Biot sont des descendants de Louis. Il faudra ultérieurement retourner noter tous les actes et établir ainsi une généalogie descendante patronymique complète, jusqu'à Marie Antonie.

A la semaine prochaine ! 

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