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GeneaNet : Communauté : Blog Généalogie Samedi 21 novembre 2009 | Fête de Saint Albert

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Saint Marius

C'est aujourd'hui la Saint Marius, un prénom typiquement méridional. Alors je voudrais rendre aujourd'hui un petit hommage à quelqu'un qui n'est pas mon ancêtre, qui n'est d'ailleurs l'ancêtre de personne car il n'a pas eu de descendance : Marius Roustand.

La mémoire familiale est faillible, c'est certain, mais elle revêt aussi une importance fondamentale, dans le sens où elle permet de conserver le souvenir des êtres chers. Ainsi, nous parlons toujours dans ma famille de ce Marius Roustand, décédé il y a pourtant 80 ans de cela. Nous en parlons, nous l'évoquons comme si nous l'avions connu, comme s'il avait fait partie de notre vie. Et il est probable que son souvenir perdurera encore quelques temps, car avec un père passionné de généalogie, quels enfants ne vont pas entendre, encore et encore, les anecdotes, histoires, souvenirs d'ancêtres racontés à la moindre occasion, qu'ils véhiculeront eux-même peut-être lorsqu'ils seront adultes, même si, probablement, ils soupirent aujourd'hui en pensant que je radote.

Marius2 Marius Roustand est né à La Tour sur Orb, Hérault, en 1889. Il s'engage assez vite dans l'armée, devenant soldat de métier. C'est en poste à Nantes que, à l'instar de milliers de français, il reçoit son ordre de marche pour le Front. La guerre de 14 vient d'éclater, et il va falloir se battre.
Marius entretient avec sa famille une correspondance, dont quelques traces me sont parvenues. Mais un jour de septembre 1915, la chance le lâche. Marius est alors avec son régiment, le 65ème R.I., sur le front de Champagne. L'attaque est lancée, et le sous-lieutenant Roustand, à peine âgé de 26 ans, ne reviendra jamais, et l'on ne retrouvera jamais son corps.
Qu'est-ce qu'un garçon de 26 ans, mort au cours de la première guerre mondiale, pouvait espérer laisser derrière lui ?

C'est là que la mémoire familiale prend toute son importance : sa sœur Juliette, mon arrière-grand-mère, va, toute sa vie durant, le chercher. Oh, pas aussi activement que l'héroïne du roman de Sébastien Japrisot "Un long dimanche de fiançailles", récemment tourné au cinéma, non, elle va juste envoyer quelques courriers aux autorités militaires, sur quelques décennies, se persuadant qu'il est peut-être quelque part, devenu amnésique suite au choc de la bataille, qu'il a peut-être survécu.

Et elle va pieusement conserver ses quelques cartes postales, son épée de parade, un revolver donné par un soldat américain, ramené lors d'une permission comme un trophée... et elle va parler de lui, souvent, très souvent, à ses enfants, à ses petits-enfants. Elle-même disparue, c'est sa descendance qui va véhiculer le souvenir, et c'est pourquoi aujourd'hui, en 2006, il m'est venue l'idée de rédiger cette petite note, car j'ai immédiatement remarqué que nous étions la Saint-Marius. Pourquoi faire ? Pour rien, c'est juste un maigre hommage, la seule façon que j'ai de lui parler, à travers le temps, puisqu'il fait partie de l'histoire de ma famille.
Alors bonne fête à toi, grand-tonton Marius, et bonne fête à tous les autres Marius qui ont quitté ce monde, mais que tout le monde a oublié...

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Je viens de lire la "petite histoire de Marius ROUSTAND". Cela m'a plu de constater que je ne suis pas le seul à penser que la meilleure manière de "faire de la généalogie" est de parler à nos ancêtres à travers le temps. Ces ancêtres qui se sont sacrifiés pour élever leurs enfants et ceux qui n'ont pas eu d'enfants parce qu'ils se sont sacrifiés en donnant leur vie. Tout d'abord je suis étonné qu'aucun commentaire n'ait fleuri suite à cet article. Personnellement, dès que je l'ai lu, il m'a accroché car je connais une histoire qui ressemble à celle-ci. Deux femmes occupent particulièrement mes pensées généalogiques. Une de mes arrières-grands-mères qui a connu une vie familiale "mouvementée" pour son époque et une arrière-grand-mère de mon épouse qui a perdu son frère dans les mêmes circonstances que Marius. Cette femme à qui je rends un hommage posthume sur la page d'accueil de mon arbre en ligne a conservé les livrets militaires de son mari, de son père et de son grand-père et disait posséder celui de son frére disparu au combat pendant la grande guerre. Décédée en 1979, elle parlait souvent de la disparition de son frère et disait qu'elle avait entrepris des démarches auprès des autorités militaires pour le retrouver mais que celles-ci étaient restées infructueuses. Malheureusement, à l'époque personne, dans la famille de mon épouse, ne se souciait de l'histoire de cet arrière-grand-oncle et personne n'est d'ailleurs capable de me donner son prénom. Son livret militaire ne figurait pas parmi les papiers que j'ai pu recueillir vingt ans après le décès de sa soeur. Je ne désespère pas de pouvoir un jour, comme vous, mettre un prénom, une photo sur un personnage qui a occupé les pensées d'une femme pendant 75 ans après sa disparition. Pour moi aussi, raconter une petit bout de "son histoire" à ceux qui voudront bien l'entendre sera la meilleure façon de rendre hommage à l'un de ces "sacrifiés" qui n'ont pas leur nom sur une tombe ou un monument. Yves

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